La question n’est plus de savoir si le Venezuela est une destination spectaculaire, mais si le niveau de risque est compatible avec un voyage, même très préparé. Ceux qui ont déjà arpenté la Gran Sabana, survolé le Salto Ángel ou traversé les Andes vénézuéliennes savent à quel point ce pays cumule des atouts rarement réunis au même endroit : biodiversité extrême, plages caraïbes parmi les plus belles du continent, culture métissée vibrante, sans oublier une population longtemps réputée pour son hospitalité chaleureuse. Cette fascination demeure, et nous la constatons encore lorsque des lecteurs nous écrivent pour demander s’il est « encore possible » d’y retourner.
Pourtant, la réalité actuelle du pays a profondément transformé cette équation touristique. En quelques années, le Venezuela est passé du statut de destination de rêve à celui de territoire officiellement déconseillé par un large front de gouvernements et d’organismes internationaux. Le Quai d’Orsay rappelle que le pays connaît une criminalité violente endémique et l’un des plus forts taux d’homicides au monde, un argument qui ne relève plus de l’exagération médiatique mais du constat statistique. De son côté, Ottawa recommande d’« éviter tout voyage » en raison du niveau de criminalité, de l’instabilité politique et économique, du risque de détention arbitraire et de la dégradation des conditions de vie, y compris pénuries de médicaments, d’aliments de base, d’essence et d’eau.
Cette dégradation a des conséquences très concrètes pour les voyageurs, au-delà des formules officielles. Nous avons vu des compagnies comme Iberia suspendre la totalité de leurs vols réguliers vers le pays sous la pression des autorités de sécurité aérienne, au point de perdre leur droit d’opérer au Venezuela. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), puis plusieurs gouvernements, ont multiplié les mises en garde, entraînant annulations, modifications de routes et fermeture partielle de l’espace aérien caribéen lors d’épisodes de tension militaire. Pour un touriste ou un voyageur d’affaires, cela signifie une difficulté réelle à réserver des vols fiables, à obtenir des assurances qui couvrent effectivement le pays et, surtout, à garantir une sortie rapide en cas de crise.
Le venezuela fait-il encore sens comme destination de voyage aujourd’hui ?
Malgré ce contexte, le Venezuela continue d’exercer un pouvoir d’attraction quasi irrationnel. Dans nos échanges avec des voyageurs de longue date, revient souvent le même argument : peu de pays concentrent à ce point des paysages de savane, de jungle amazonienne, de hauts plateaux et de littoral corallien dans un rayon relativement restreint. Les chutes du Salto Ángel dans le parc national de Canaima, la Gran Sabana et ses tepuis, l’île de Margarita ou encore les Andes autour de Mérida incarnent une forme d’« américanité » sauvage qui nourrit l’imaginaire depuis des décennies. Pour certains, l’idée de renoncer à ce rêve semble inacceptable, surtout lorsqu’ils ont des attaches familiales sur place.

Cependant, la transformation sécuritaire du pays a profondément modifié le profil de ceux qui s’y rendent encore. Là où l’on trouvait autrefois des backpackers et des familles en itinérance balnéaire, on observe aujourd’hui majoritairement des voyageurs professionnels (pétrole, ONG, diplomatie), des humanitaires, des expatriés de longue date ou des membres de la diaspora qui rentrent voir leurs proches. Ces profils se distinguent par un niveau de préparation très supérieur à celui d’un touriste classique : dispositifs de sécurité privés, formation aux environnements hostiles, protocoles d’évacuation et suivi en temps réel par leurs employeurs. Dans nos enquêtes, les agences spécialisées en risk management nous ont confirmé qu’elles n’acceptent plus de clients « loisir pur » pour le Venezuela sans un cadrage extrêmement strict.
La plupart des gouvernements occidentaux ont d’ailleurs convergé vers le même message : éviter tout voyage non essentiel. Le Canada maintient un avertissement général « évitez tout voyage ». La France insiste sur le caractère endémique de la criminalité et rappelle qu’aucun quartier, y compris les zones touristiques, n’est réellement épargné. L’Autriche a relevé son alerte au niveau 6, le plus élevé, assorti de la mise en place d’une cellule de crise et d’instructions spécifiques pour les entreprises employant des expatriés. Le Japon invite clairement ses ressortissants à annuler tout déplacement et à s’attendre à des annulations de vols ou des détours de dernière minute. Dans ce contexte, notre ligne éditoriale est claire : cet article s’adresse à ceux qui, malgré ces signaux, envisagent encore un déplacement – touristes chevronnés, backpackers expérimentés, voyageurs d’affaires, expatriés ou membres de familles vénézuéliennes – pour les aider à mesurer lucidement ce que cela implique.
Comprendre l’état réel de la sécurité au venezuela en 2026
Pour évaluer la sécurité des voyages au Venezuela, il faut d’abord accepter un constat sans détour : la criminalité violente y est structurelle et non conjoncturelle. Le ministère français des Affaires étrangères parle de « criminalité violente endémique » et rappelle que le pays figure parmi ceux qui affichent les taux d’homicides les plus élevés au monde. Ces statistiques se traduisent sur le terrain par des vols à main armée, des agressions parfois mortelles et une banalisation des enlèvements express, notamment à la sortie des banques ou des centres commerciaux. Les témoignages que nous avons recueillis décrivent un sentiment d’insécurité quasi permanent, où chaque trajet, même court, exige une planification minutieuse.
À cette criminalité « classique » s’ajoutent des risques politiques et sécuritaires de plus en plus marqués. Le 3 janvier 2026, des frappes militaires ont visé plusieurs sites au Venezuela, y compris des installations proches de la capitale. Dans la foulée, le gouvernement japonais a décrété un état d’urgence du point de vue consulaire, élevant son niveau de danger à 3, ce qui correspond à une suspension recommandée de tout voyage. Les autorités canadiennes insistent sur l’instabilité politique et économique et le risque de détention arbitraire, en particulier pour les étrangers perçus, à tort ou à raison, comme impliqués dans des activités politiques. Ce type de contexte rend les réactions des forces de sécurité plus imprévisibles, notamment lors de contrôles ou de manifestations.
Géographiquement, certains espaces concentrent davantage de risques. Les zones frontalières avec la Colombie, le Brésil et le Guyana sont signalées par plusieurs chancelleries comme particulièrement dangereuses, en raison de la présence de groupes armés illégaux, de trafiquants et de réseaux criminels transfrontaliers. Entrer au Venezuela par voie terrestre, via des chemins informels appelés « trochas », expose à la fois à des risques d’agression, d’enlèvement, de racket et d’arrestation pour franchissement illégal de frontière. Dans les grandes villes, les barrios – ces quartiers défavorisés et densément peuplés – concentrent une part importante de la violence, mais les autorités françaises rappellent qu’aucun quartier n’est vraiment à l’abri, y compris les secteurs plus huppés de Caracas.
Risques concrets à anticiper avant tout projet de voyage
Sur le plan de l’insécurité du quotidien, les voyageurs font face à une palette de menaces rarement réunies dans un même pays. Les conseils canadiens évoquent explicitement les vols à main armée, les agressions, les enlèvements express, les carjackings et les escroqueries, avec une augmentation marquée de ces incidents après la tombée de la nuit. Le simple fait de se déplacer en voiture, de prendre un bus ou de marcher entre un hôtel et un restaurant peut constituer une prise de risque, surtout dans les zones peu éclairées. Lors de nos entretiens, plusieurs expatriés décrivent une routine faite de trajets extrêmement courts, planifiés, souvent accompagnés, avec interdiction de se déplacer à pied au-delà d’un périmètre de quelques rues.

L’instabilité politique et les opérations militaires récentes ajoutent un niveau de complexité supplémentaire. Les frappes du 3 janvier 2026 ont démontré la capacité de la situation à se dégrader brutalement, entraînant des restrictions aériennes dans une large partie des Caraïbes et l’annulation de vols de grandes compagnies, y compris européennes. Des manifestations ou troubles sociaux peuvent apparaître et dégénérer rapidement, notamment dans les grandes villes, sans que les voyageurs aient le temps d’ajuster leurs plans. Nous avons documenté des cas de blocages soudains d’axes routiers, de fermetures de stations-service et de couvre-feux non annoncés, qui transforment un simple trajet interurbain en véritable casse-tête sécuritaire.
À cela s’ajoutent des déficiences graves des infrastructures et des services essentiels. Les autorités canadiennes soulignent des pénuries récurrentes d’essence, d’eau, de médicaments et d’aliments de base, qui affectent autant les résidents que les visiteurs. Le réseau routier est souvent mal entretenu, avec des routes dégradées, des nids-de-poule, des voies barrées ou détournées, ce qui augmente les risques d’accident et rend la conduite de nuit particulièrement dangereuse. Sur de nombreux axes, les forces de l’ordre ou d’autres acteurs en uniforme installent des barrages – les fameuses « alcabalas » – qui peuvent se transformer en lieux de racket ou d’intimidation. Dans ce contexte, les risques administratifs ne sont pas théoriques : détentions arbitraires, contrôles renforcés, difficulté d’accès à une assistance consulaire et complexité du rapatriement en cas de fermeture d’aéroports ou d’annulation en chaîne de vols.
Si vous décidez malgré tout de voyager : protocole de sécurité maximal
Pour ceux qui, malgré tout, estiment ne pas pouvoir reporter un déplacement au Venezuela, la seule approche raisonnable consiste à adopter un protocole de sécurité maximal, similaire à celui utilisé par les ONG ou les entreprises opérant en zone de conflit. La première étape se joue bien avant le départ : il s’agit de suivre quotidiennement les avis officiels de votre pays et de ceux des pays de transit, car les niveaux d’alerte et les restrictions aériennes peuvent évoluer en quelques heures seulement. Lors de nos propres simulations de planification, nous avons constaté que les itinéraires jugés possibles le matin devenaient impraticables le soir même, à la suite d’une nouvelle frappe ou d’une décision de fermeture d’espace aérien.
Sur le volet assurantiel, un point technique crucial est souvent mal compris : la plupart des polices d’assurance voyage standard excluent explicitement les pays placés en niveau d’alerte maximal ou faisant l’objet d’un avis officiel de type « évitez tout voyage ». Pour être effectivement couvert, il faut négocier ou souscrire un contrat spécifique, parfois via un courtier spécialisé en zones à risque, incluant l’évacuation médicale et sécuritaire, ainsi que la prise en charge en cas de détention arbitraire. En parallèle, l’enregistrement de votre séjour auprès de votre ambassade ou consulat – via les plateformes dédiées – permet, en pratique, d’être intégré aux plans de crise et aux éventuelles opérations d’évacuation. Sur le plan médical, les pénuries locales de médicaments imposent de voyager avec une trousse de secours renforcée et tous les traitements essentiels pour la durée complète du séjour, avec ordonnances et justificatifs pour les contrôles.
Une fois sur place, la sélection des lieux de séjour et des modes de déplacement devient déterminante. Entrer par voie terrestre est à proscrire : outre les risques physiques dans les zones frontalières, cette option complique énormément toute assistance consulaire en cas de problème. Les autorités françaises recommandent de privilégier les déplacements en voiture individuelle et de jour, après avoir vérifié la disponibilité de carburant sur le trajet, ce qui suppose souvent de constituer une « réserve de sécurité » de plusieurs dizaines de litres. La conduite de nuit est formellement déconseillée, tant pour des raisons de sécurité routière que de risque criminel. Nous conseillons également d’éviter les bus urbains et interurbains, surtout après la tombée du jour, les incidents de vol et d’agression y étant fréquents. Les transferts doivent idéalement être organisés à l’avance via des intermédiaires fiables : hôtels reconnus, agences locales recommandées par des organisations internationales, ou services privés identifiés par des expatriés sur place.
Voix de terrain : ce que disent les voyageurs et les expatriés
Derrière les statistiques, ce sont les récits individuels qui donnent la mesure du vécu réel sur le terrain. Imaginons le cas de Marc, ingénieur pétrolier français détaché dans le bassin de l’Orénoque. Pour rejoindre son site, il transite par Caracas puis par un hub régional, avec plusieurs plans de repli via Bogotá ou Curaçao en cas de fermeture de l’aéroport principal, comme le recommandent désormais plusieurs employeurs européens. Sur place, il séjourne dans un compound sécurisé, ses déplacements sont escortés et chaque trajet routier fait l’objet d’une analyse préalable. Lors de notre échange, Marc évoquait un quotidien où « chaque sortie est un mini-briefing », avec interdiction de circuler sans véhicule identifié, vitres fermées et portières verrouillées.
À l’autre extrémité du spectre, nous avons discuté avec Ana, Vénézuélienne installée en Europe, qui retourne périodiquement à Caracas pour voir sa famille. Elle parle d’un « double sentiment » : d’un côté, l’immense joie de retrouver ses proches et de redécouvrir la beauté brute de la côte caraïbe ou des Llanos ; de l’autre, une hypervigilance permanente, la peur de sortir après la tombée de la nuit et l’impression d’être constamment en train de gérer des risques. Dans son dernier voyage, son vol retour a été annulé à la suite d’une nouvelle alerte régionale, l’obligeant à passer par un itinéraire de contournement via le Panama, avec surcoût et incertitude prolongée. Cette expérience est loin d’être isolée : de nombreux témoignages évoquent ces blocages brutaux qui transforment une visite familiale en épisode anxiogène.
Il existe aussi des récits plus positifs, souvent portés par des voyageurs très expérimentés en terrains difficiles, qui racontent avoir été touchés par l’accueil, la gentillesse et le sens de l’entraide des Vénézuéliens. Certains opérateurs locaux ultra-spécialisés réussissent encore à organiser des séjours sur la Gran Sabana ou dans le parc de Canaima pour de petits groupes, avec une logistique quasi militaire : repérage préalable, sécurisation des transferts, guides triés sur le volet et plans d’évacuation préétablis. Toutefois, même ces acteurs insistent, dans nos échanges, sur le caractère « possible mais non raisonnable » d’un tel voyage pour un touriste lambda. Leur discours rejoint le nôtre : il ne s’agit pas de nier la beauté du pays, mais de reconnaître qu’y voyager ressemble davantage à la gestion d’une crise permanente qu’à des vacances classiques.
Alternatives plus sûres au venezuela en amérique latine
Lorsque nous comparons les récits issus du terrain avec les avertissements officiels, une conclusion s’impose : pour un voyage purement touristique, chercher des alternatives plus sûres en Amérique latine est, dans la plupart des cas, la décision la plus rationnelle. Un voyage doit rester une expérience de découverte et de plaisir, pas un exercice de gestion de risques digne d’un responsable sécurité d’ONG. Cette dimension est souvent sous-estimée : partir dans un pays en état de crise impose une tension psychologique constante, qui pèse non seulement sur le voyageur mais aussi sur ses proches, son employeur et son assureur, qui supportent en partie le risque.
Or, le continent offre de nombreuses destinations capables de combiner nature spectaculaire, culture riche et conditions de sécurité nettement plus favorables. Les pays andins et amazoniens – qu’il s’agisse de certains secteurs de Colombie, du Pérou, de l’Équateur ou du Brésil – permettent de retrouver des paysages de haute montagne, de jungle, de savane et de littoral, tout en restant dans des cadres où les gouvernements recommandent simplement une « prudence renforcée » plutôt qu’un bannissement de tout voyage. Les Caraïbes hispanophones, quant à elles, offrent des plages et une culture proches de celles du littoral vénézuélien, avec des systèmes de santé et des infrastructures généralement plus fiables et des connexions aériennes plus stables.
Sur le plan budgétaire, il faut également intégrer un élément souvent occulté : un voyage « ultra-sécurisé » au Venezuela, avec transferts privés, hébergements hautement sécurisés, assurances spécialisées et marges de manœuvre pour des re-routages de dernière minute, coûte en pratique beaucoup plus cher qu’un séjour de même durée dans un pays voisin. Lorsque nous avons comparé différents scénarios, le surcoût lié à la sécurité et à l’incertitude – vols flexibles, réservations modifiables, nuits supplémentaires potentielles – rend souvent une destination alternative plus attractive, même si le billet d’avion initial est un peu plus élevé. Une stratégie raisonnable consiste alors à considérer le Venezuela comme un projet différé : construire un itinéraire de substitution en Amérique latine et suivre, dans le même temps, l’évolution des avis officiels, en se fixant des seuils objectifs de risque pour reconsidérer le projet plus tard.
Faut‑il vraiment voyager au venezuela aujourd’hui ?
À l’heure où nous écrivons ces lignes, le consensus international est sans ambiguïté : la plupart des gouvernements recommandent d’« éviter tout voyage » au Venezuela, en raison de la criminalité violente, de l’instabilité politique et des risques de détention arbitraire, sur fond de pénuries et de dégradation des conditions de vie. Les récentes opérations militaires et les fermetures ponctuelles d’espace aérien ont montré que la situation peut basculer très vite, compliquant voire bloquant le retour des voyageurs, même ceux qui pensaient être « couverts » par des billets flexibles. Dans ce contexte, notre responsabilité éditoriale est de ne pas minimiser ces risques, tout en reconnaissant que certains continuent à se rendre sur place pour des raisons familiales, professionnelles ou humanitaires, avec une préparation extrême.
Avant de prendre une décision, trois questions méritent d’être posées avec honnêteté : le motif de votre voyage justifie‑t‑il vraiment ce niveau de danger ? Êtes‑vous prêt à gérer une crise majeure loin de chez vous – blessure, arrestation, fermeture soudaine des frontières – sans garantie d’assistance rapide ? Et que disent vos proches, votre employeur, votre assureur, lorsqu’ils comprennent la réalité du terrain, au‑delà des photos de plages paradisiaques ? Pour un projet strictement touristique, notre recommandation est nette : privilégier des destinations alternatives offrant une richesse naturelle et culturelle comparable, mais dans un cadre sécuritaire plus prévisible.
Si, pour des raisons impérieuses, vous devez tout de même vous rendre au Venezuela, il devient indispensable d’adopter un protocole de sécurité rigoureux, inspiré des pratiques des ONG et des grandes entreprises opérant en zone à haut risque, et de suivre les consignes officielles jour après jour, voire heure par heure. Dans le même temps, partager cette analyse avec toute personne de votre entourage qui envisagerait un séjour au Venezuela peut contribuer à des décisions plus éclairées. Enfin, si vous avez voyagé récemment dans le pays, vos retours – qu’ils soient positifs ou douloureux – constituent une ressource précieuse pour d’autres : ce sont ces voix de terrain, confrontées aux données officielles, qui permettent à chacun de mesurer, en conscience, sa propre tolérance au risque.
▶ 📚 Sources & Communauté d’experts
- 📄 Conseil aux voyageurs – Venezuela — voyage.gouv.fr
- 📄 Wikipedia – Venezuela — fr.wikipedia.org
- 📄 BBC News – Venezuela country profile — bbc.com
- 📄 Human Rights Watch – Venezuela — hrw.org