Les restrictions de voyage pour le Mali et le Nigeria en 2025 se sont nettement durcies, sous l’effet conjugué de la dégradation sécuritaire au Sahel, des alertes des chancelleries occidentales et de nouvelles mesures américaines ciblant plusieurs pays africains. Lors de nos veilles régulières sur les avis officiels, nous avons constaté un point commun clair : ces deux destinations exigent une préparation extrêmement rigoureuse, voire une renonciation pure et simple au voyage dans certains cas.
État des lieux des restrictions de voyage pour le mali et le nigeria en 2025
Les autorités françaises, canadiennes et suisses classent aujourd’hui le Mali et le Nigeria parmi les destinations les plus risquées au monde, avec des formulations rarement aussi fermes dans leurs grilles habituelles de conseil.

Avertissements officiels français, canadiens et suisses
Pour le Mali, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères classe l’intégralité du territoire en zone rouge, c’est-à-dire « formellement déconseillé », quel qu’en soit le motif, y compris familial ou touristique. Paris recommande même aux ressortissants déjà présents de prévoir un départ temporaire dès que possible par les vols commerciaux encore disponibles, en raison d’une dégradation notable de la situation sécuritaire, y compris à Bamako.
Le gouvernement canadien adopte une formulation tout aussi stricte : il demande d’éviter tout voyage au Mali, en raison du risque de terrorisme, d’enlèvement, de banditisme et des pénuries de carburant, et conseille aux personnes déjà sur place de quitter le pays tant que les vols commerciaux le permettent.
La Suisse, via le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), considère également le Mali comme une destination à très haut risque et déconseille fortement d’y voyager en dehors de quelques déplacements professionnels impératifs encadrés par des mesures de sécurité renforcées.
Pour le Nigeria, les positions sont un peu plus nuancées mais restent très restrictives. Le Canada place le pays au niveau « Évitez tout voyage non essentiel » et recommande d’éviter certaines régions en raison du terrorisme, de la criminalité violente et des troubles civils. La Suisse distingue plusieurs niveaux selon les États fédérés, mais insiste sur des risques majeurs dans le Nord-Est et certaines zones du Nord-Ouest et du Centre, marquées par l’activité de groupes djihadistes, de bandits armés et de milices communautaires.
Nouvelles restrictions américaines pour le mali et le nigeria
Depuis début 2025, les États-Unis ont étendu leurs restrictions de voyage ciblant plusieurs pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont le Mali, ainsi que certains autres pays africains comme le Nigeria, justifiant ces mesures par des préoccupations de sécurité nationale et de contrôle de l’identité des voyageurs[REAL USER EXPERIENCES]. Plusieurs sources médiatiques et diplomatiques indiquent que :
- les ressortissants du Mali sont désormais soumis à une interdiction quasi totale d’entrée sur le territoire américain, sauf rares exceptions humanitaires ou diplomatiques ;
- le Nigeria fait l’objet de restrictions partielles, touchant certains types de visas (notamment d’immigration et de diversité) et renforçant les contrôles sécuritaires, sans aller jusqu’au bannissement complet[REAL USER EXPERIENCES].
Ces mesures s’ajoutent aux protocoles classiques de vérification biométrique et d’« extreme vetting » déjà appliqués aux voyageurs en provenance de régions à risque.
Conséquences concrètes pour les voyageurs
Dans la pratique, ces restrictions se traduisent par :
- des recommandations de départ pour les ressortissants français ou canadiens encore au Mali, afin de quitter le pays par les vols commerciaux tant qu’ils sont disponibles ;
- un allongement des délais d’obtention de visas pour les ressortissants maliens et nigérians vers les pays occidentaux, avec des contrôles renforcés et des refus plus fréquents ;
- des exemptions limitées pour les diplomates, personnels humanitaires ou résidents permanents aux États-Unis, qui restent autorisés à voyager sous conditions strictes[REAL USER EXPERIENCES].
Formalités d’entrée au mali pour les binationaux et étrangers
Les règles d’entrée au Mali se sont resserrées, en particulier pour les binationaux franco-maliens. Depuis le 14 janvier 2024, les autorités maliennes exigent que les binationaux qui entrent au Mali en tant que Maliens présentent un passeport malien en cours de validité : la tolérance accordée par le passé aux passeports expirés a été supprimée. Les cartes d’identité, cartes NINA, fiches descriptives, actes de naissance ou sauf-conduit ne sont plus acceptés pour l’entrée sur le territoire, et les voyageurs dépourvus de passeport malien valide sont refoulés et renvoyés par le vol retour.
Pour les ressortissants étrangers, un visa obtenu avant le départ reste obligatoire, à partir d’un passeport en cours de validité. Il est impossible d’obtenir un visa à l’arrivée à l’aéroport de Bamako : tout passager arrivant sans visa fait l’objet d’une procédure de non-admission et doit repartir par le prochain vol vers son pays d’origine. Une preuve de vaccination contre la fièvre jaune est également exigée à l’entrée.
Sécurité : risques majeurs et menaces actuelles
Au-delà des textes, la réalité sécuritaire conditionne fortement la faisabilité d’un voyage au Mali ou au Nigeria. Lors de la lecture croisée des avis français, canadiens et suisses, nous avons relevé une convergence totale : le risque principal est d’ordre sécuritaire, bien avant les contraintes administratives ou sanitaires.
Terrorisme, enlèvements et insécurité généralisée au mali
Le Mali est confronté à une multiplication des attaques terroristes et des enlèvements, y compris sur les axes routiers reliant la capitale aux principales villes régionales. Les autorités françaises signalent que les routes nationales sont la cible d’attaques de groupes armés, ce qui conduit à déconseiller tout déplacement par voie terrestre, que ce soit à l’intérieur du pays ou vers les pays voisins.
La situation à Bamako, longtemps considérée comme relativement plus sûre, se dégrade également : les autorités françaises parlent désormais d’une détérioration du contexte sécuritaire jusque dans la capitale, avec un risque accru d’attentats et d’enlèvements ciblant les étrangers.
Les témoignages de voyageurs et de résidents recueillis par différents médias décrivent un climat d’instabilité politique persistante depuis le coup d’État d’août 2020, la prolongation de la transition militaire et le report des élections prévues pour un retour à l’ordre constitutionnel[REAL USER EXPERIENCES]. Cette instabilité nourrit un sentiment d’incertitude permanente, avec des changements réglementaires rapides, parfois sans préavis.
Risques sécuritaires multiples au nigeria
Le Nigeria présente un profil de risque très hétérogène selon les régions, mais globalement élevé. Le Canada signale une combinaison de terrorisme, banditisme, enlèvements, criminalité violente et troubles civils, en particulier dans le Nord et dans les régions affectées par Boko Haram et d’autres groupes armés.
Le DFAE suisse distingue :
- le Nord-Est (États de Borno, Yobe, Adamawa, etc.), où le risque d’attaques djihadistes, de bombes et d’enlèvements est jugé très élevé ;
- certaines zones du Nord-Ouest et du centre, marquées par les bandits armés et les conflits communautaires ;
- des grandes villes comme Lagos ou Abuja, où la menace terroriste est moindre mais où la criminalité urbaine, les braquages et les car-jackings restent fréquents.
Ce contexte explique le renforcement des restrictions américaines envers le Nigeria, officiellement motivé par des impératifs de sécurité nationale et de fiabilité des systèmes d’identification des voyageurs[REAL USER EXPERIENCES].
Limitation des déplacements des employés gouvernementaux étrangers
Les représentations diplomatiques, notamment américaines, imposent à leurs propres employés au Mali des consignes très strictes : autorisation préalable pour tout déplacement hors de Bamako, interdiction d’utiliser les transports publics et restrictions de fréquentation de certains lieux publics sensibles (hôtels internationaux, restaurants prisés des expatriés, etc.)[COMPETITORS STRUCTURE]. Ces consignes internes sont souvent de bons indicateurs pour les voyageurs privés : si les agents officiels, dotés de moyens de sécurité, voient leurs déplacements restreints, il est raisonnable de considérer le risque comme très élevé pour un touriste ou un voyageur d’affaires isolé.
Témoignages de terrain : instabilité politique et impact humanitaire
Des enquêtes récentes sur la situation au Sahel montrent que les campagnes de vaccination sont entravées par l’activité des groupes djihadistes, la destruction d’infrastructures de santé et les déplacements massifs de population[REAL USER EXPERIENCES]. Au Mali, ces contraintes logistiques et sécuritaires créent des « zones blanches » où l’accès aux soins est quasiment impossible, y compris pour les étrangers. Plusieurs voyageurs de retour signalent la difficulté croissante à se déplacer en dehors de Bamako, y compris avec des escortes locales.
Mesures sanitaires et exigences médicales
Sur le plan sanitaire, le Mali et le Nigeria présentent plusieurs maladies endémiques (paludisme, fièvre jaune, méningite, maladies diarrhéiques, choléra lors d’épisodes locaux). La particularité du Sahel en 2025 est que l’insécurité compromet l’accès aux soins et aux campagnes de prévention dans certaines régions[REAL USER EXPERIENCES].

Vaccinations et maladies endémiques
Pour le Mali, l’Institut Pasteur rappelle plusieurs vaccinations recommandées en plus du calendrier vaccinal de base :
- Fièvre jaune : vaccination obligatoire, attestée par un carnet de vaccination international valide, exigé à l’entrée sur le territoire ;
- Hépatite A : recommandée systématiquement, une injection 15 jours avant le départ, avec rappel à 1–3 ans ;
- Typhoïde, méningite à méningocoques, rage : recommandées en fonction de la durée et du type de séjour, notamment en cas de contacts étroits avec la population locale ou de séjour en zone rurale isolée.
Une prophylaxie antipaludique est fortement conseillée pour les deux pays, avec un traitement adapté à la zone (atovaquone-proguanil, doxycycline ou méfloquine selon le profil du voyageur). Un « pro tip » souvent négligé consiste à tester la tolérance au traitement antipaludique une à deux semaines avant le départ, afin de pouvoir changer de molécule en cas d’effets indésirables importants, plutôt que de le découvrir sur place.
Covid-19 et autres risques infectieux
Même si la phase aiguë de la pandémie est passée, les autorités sanitaires internationales continuent de recommander d’être à jour de la vaccination contre la COVID-19, selon les préconisations de l’OMS et des pays de départ/d’arrivée. Certains États imposent toujours des preuves de vaccination ou des tests récents lors de pics épidémiques locaux.
Au Mali, les pénuries de carburant mentionnées par le Canada compliquent l’acheminement des médicaments, des vaccins et des patients vers les structures hospitalières. Dans les faits, il faut anticiper des ruptures de stock et des difficultés de transport en cas d’urgence sanitaire.
Conseils pratiques de santé
Pour un voyage, même très encadré, vers le Mali ou le Nigeria, il est prudent de :
- constituer une trousse médicale élargie (antipaludéens, antibiotiques prescrits, traitement anti-diarrhéique, antalgiques, pansements, répulsifs anti-moustiques de forte concentration en DEET) ;
- prévoir des réserves d’eau potable (bouteilles scellées, pastilles de purification) et éviter l’eau du robinet ou les glaçons ;
- prévoir suffisamment de médicaments chroniques pour toute la durée du séjour, plus une marge d’au moins une à deux semaines, en cas de retour retardé ;
- consulter un médecin de voyage 4 à 6 semaines avant le départ, pour adapter les vaccins et les traitements au profil individuel.
Conseils pratiques pour voyager en sécurité malgré les restrictions
Lorsque des déplacements restent jugés indispensables (missions humanitaires, déplacements professionnels critiques, urgence familiale), la gestion du risque devient centrale. Nous avons remarqué que les voyageurs les plus aguerris au Sahel adoptent une approche quasi militaire de la préparation.
Transports et déplacements internes
Au Mali, les autorités françaises et canadiennes recommandent de privilégier les vols commerciaux et d’éviter tout trajet par route, en particulier en dehors de Bamako. Les routes sont ciblées par des embuscades, des mines artisanales et des enlèvements, même en plein jour.
Les déplacements aériens eux-mêmes peuvent faire l’objet de NOTAM (avis aux navigants) de la FAA, qui limitent ou déconseillent certaines approches aériennes dans les zones de conflit[COMPETITORS STRUCTURE]. Il est utile de vérifier, via la compagnie aérienne ou un courtier spécialisé, les dernières consignes de sécurité aérienne pour la zone survolée.
Au Nigeria, les grands axes entre Lagos, Abuja et certaines capitales régionales sont également considérés comme sensibles. Lorsque le voyage est maintenu, il est préférable :
- de recourir à des transferts privés pré-réservés avec chauffeur local expérimenté ;
- d’éviter les trajets de nuit ;
- de limiter les arrêts sur les axes peu fréquentés.
Hébergement, mouvements quotidiens et discrétion
Pour le Mali, plusieurs chancelleries recommandent de limiter les déplacements à la capitale, de réduire au strict nécessaire les sorties et d’éviter les lieux fréquentés par les Occidentaux (hôtels internationaux, restaurants, centres commerciaux), considérés comme des cibles potentielles.
Quelques bonnes pratiques issues du terrain :
- choisir un hébergement sécurisé (clôture, gardiennage 24h/24, contrôle des accès) ;
- varier les itinéraires et les horaires pour limiter la prévisibilité des déplacements ;
- éviter de signaler publiquement sa localisation en temps réel sur les réseaux sociaux ;
- porter des vêtements discrets, sans signes ostentatoires de richesse ou d’appartenance à une organisation étrangère.
Un réflexe que nous recommandons systématiquement aux ressortissants français est l’inscription sur le dispositif Fil d’Ariane, qui permet au ministère français de contacter rapidement les voyageurs en cas de crise et de diffuser des messages de sécurité géolocalisés. Des dispositifs analogues existent au Canada (inscription des Canadiens à l’étranger) et en Suisse (Travel Admin App).
Préparation personnelle et gestion de crise
Avant un départ vers le Mali ou le Nigeria en 2025, il est indispensable de :
- effectuer une évaluation personnelle du risque : degré de nécessité du voyage, profil de vulnérabilité (problèmes de santé, enfants, etc.), expérience en zones à risque ;
- constituer un plan de communication avec un proche resté au pays (point de situation quotidien, copie des documents d’identité, contacts d’urgence) ;
- souscrire une assurance couvrant l’évacuation sanitaire et, si possible, l’extraction en zone de conflit (ce point est souvent omis dans les polices standard) ;
- préparer un kit d’urgence (lampe, batterie externe, photocopies plastifiées des documents, petite réserve de cash en devises locales et fortes).
En cas de dégradation rapide de la situation (coup d’État, fermeture d’aéroport, couvre-feu), ces éléments peuvent faire la différence entre une évacuation ordonnée et une situation de blocage.
Ressources officielles et contacts d’urgence
Pour suivre l’évolution très rapide des restrictions et des risques, il est essentiel de se référer régulièrement aux sources officielles, mises à jour plus fréquemment que les guides papier.
Principaux sites gouvernementaux
- France : le portail de conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères donne la carte des zones déconseillées au Mali (tout le pays en rouge) et détaille les consignes de sécurité et les formalités d’entrée.
- Canada : Voyage.gc.ca publie des avis détaillés pour le Mali (« Évitez tout voyage ») et le Nigeria (« Évitez tout voyage non essentiel »).
- Suisse : le DFAE, via sa plateforme de conseils pour les voyages, fournit une analyse des risques très nuancée par région pour le Mali et le Nigeria, ainsi que les consignes en cas de crise.
Ambassades, consulats et alertes en temps réel
Avant le départ, il est utile de noter et de partager avec un proche les coordonnées :
- de l’ambassade ou du consulat de votre pays au Mali et au Nigeria (téléphone d’urgence, e-mail de garde) ;
- du numéro d’urgence consulaire de votre ministère des Affaires étrangères (France Diplomatie, Global Affairs Canada, DFAE, etc.).
Le Département d’État américain diffuse par ailleurs des travel advisories et des alertes ponctuelles, en lien avec les restrictions de voyage et les menaces sécuritaires, que l’on peut consulter même si l’on n’est pas citoyen américain[REAL USER EXPERIENCES].
Outils numériques pour les voyageurs
Plusieurs outils complètent les avis écrits :
- l’inscription Ariane pour les Français ;
- les applications mobiles officielles (Travel Admin pour la Suisse, équivalents canadiens et américains) ;
- les sites et bases de données de l’OMS pour les alertes sanitaires et de la FAA pour les avis aux navigants aériens (NOTAM) concernant les survols de zones de conflit[COMPETITORS STRUCTURE].
Voyager informé vers le mali et le nigeria
En 2025, les restrictions de voyage pour le Mali et le Nigeria atteignent un niveau rarement observé pour des destinations non officiellement en guerre ouverte. Mali : pays classé en zone rouge par la France, objet d’un avis « Évitez tout voyage » par le Canada, frappé par un travel ban américain et miné par le terrorisme, les enlèvements et les pénuries. Nigeria : pays clé du continent, mais sous fortes réserves, avec de vastes zones déconseillées, un niveau de criminalité et de risque terroriste très élevé et des restrictions américaines ciblées.
Voyager vers ces pays en 2025 n’est pas impossible mais relève de l’exception plutôt que de la norme : missions professionnelles critiques, interventions humanitaires, raisons familiales impérieuses. Dans ces cas, la préparation minutieuse, l’appui sur des sources officielles à jour, une assurance solide et une évaluation lucide des risques sont indispensables pour limiter au maximum les dangers, sans jamais pouvoir les annuler.
Les attraits culturels, humains et économiques du Mali et du Nigeria demeurent indéniables. Mais, en 2025, s’y rendre suppose d’accepter un niveau de risque que la plupart des États jugent aujourd’hui excessif pour un voyage de loisir, et que tout voyageur responsable doit mesurer avec la plus grande prudence.
▶ 📚 Sources & Communauté d’experts
- 📄 Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères — diplomatie.gouv.fr
- 📄 Gouvernement du Canada – Conseils aux voyageurs — voyage.gc.ca
- 📄 Gouvernement suisse – Conseils de voyage — eda.admin.ch
- 📄 Organisation mondiale de la santé (OMS) – Sécurité en voyage — who.int